Theo Pascal fait voyager la musique dans “Quamundos2”.

La discrétion du bassiste est aussi parlante que le groove de sa basse. A moins d’être vraiment dans le milieu et de se coller à son actualité musicale, Theo Pascal est un musicien très effacé, qui ne se laisse découvrir que sur les albums auxquels il collabore ou qu’il produit. Un effacement à la hauteur de l’exposition que bénéficie celle qui, à ses côtés, fait office de muse : Carmen Souza. Dans ce cas précis, Theo Pascal est ce qu’on appelle un véritable homme de l’ombre, le faiseur de la reine. Aux appels mélodiques de cette dernière, la réponse rythmique du bassiste a toujours été à la hauteur.

Cumulant à la fois les casquettes d’arrangeur, compositeur, producteur, Theo Pascal, comme mentionné plus haut, est un redoutable bassiste au jeu bien racé. Il y a 12 ans au Trafalgar Square à Londres, nous découvrions le bassiste aux côtés de celle avec qui elle collabore maintenant depuis une dizaine d’années. Une chose nous avait interpellés, la beauté, la richesse, la justesse et la finesse de son jeu. C’est ce qu’il nous donne à apprécier dans sa nouvelle galette sortie au mois de mai dernier, sous l’appellation de Quamundos2. Une suite à Quamundos, premier album solo réalisé par un bassiste au Portugal. Un pionnier en la matière.

Theo Pascal

Quamundos !!! Qu’est-ce que cela peut bien signifier. N’allez pas interroger les dictionnaires en ligne, vous ne trouverez pas satisfaction. Sans la connaissance de son origine, vous êtes perdu. Pris comme titre de son album, il renvoie à une trajectoire non négligeable de la vie de Theo Pascal. Mot issu du Kimbundu-Angolais, Quamundos (union des peuples), magnifie la diversité, promeut la beauté de la différence. Il prône la cohésion, l’humanité entre les peuples.

Quamundos2, ce sont dix titres, toutes des escales des pérégrinations musicales du bassiste. Et dans lesquelles la finesse de la justesse du jeu de basse est le fil directeur auprès des autres instruments qui s’y déploient avec la même dextérité. Une véritable narration des musiques qui jalonnent l’univers de Theo Pascal. De l’Angola à l’Inde en passant par le Mozambique et le Cap-Vert, Quamundos2 fusionne les rythmes.

Un album énergique, qui groove, qui pulse, qui swingue. S’il est communément admis que la musique est déjà en elle-même un voyage, on aime encore lorsqu’on la fait voyager comme le fait majestueusement Theo Pascal dans cet album. Une galette bien fruitée, bien colorée, riche en rythmes, dans laquelle la muse Carmen Souza est, une fois de plus, exposée avec beaucoup de grâce.

Extrait “Mutebass”
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