“The Message”, la nouvelle expression artistique de Stanley Clarke.

Marie Ange Moukoko: On n’est jamais trop vieux pour être jeune ! On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal!

Du coup, tout autre propos donnerait l’impression du superfétatoire. C’est comme faire acte de trahison, que d’ajouter quelque chose à la justesse de cette belle réflexion qui, de notre avis, pourrait traduire et résumer l’esprit du message que nous délivre Stanley Clarke dans The Message (chez Mack Avenue Records). Les musiciens qui entourent le bassiste étant déjà en soi, un élément fort dans cette perception. Stanley Clarke, dans sa nouvelle production, loin de déserter son idéal, continue sa poursuite et c’est cela qui le maintient présent parmi ses pairs, jeunes et moins jeunes compris.

L’album à paraître le 29 juin prochain pourrait désarçonner plus d’un ce, dès les premières notes du thème qui l’ouvre, au titre de : And Ya Know We’re Missing You. Une chanson hommage aux amis partis : Al Jarreau, Léon NDUGU Chancler, Tom Pretty, Chuck Berry, Larry Corryell et Darryl Brown. Mais une fois installé, et cet effet de surprise digéré, apparaît le Stanley et ses classiques, que les inconditionnels sauront reconnaître sans aucune difficulté. Empruntant aux beats de Doug E. Fresh, le bassiste ajuste son jeu de basse pour délivrer un message, vision qui est la sienne aujourd’hui, de la musique. A l’instar de certains de ses compatriotes et collègues, s’entourer et s’inspirer des nouvelles énergies pour correspondre à l’air du temps, et se renouveler sans cesse.

 

Stanley Clarke -by-Raj-Nai

 

Entre Children for Ever album de ses débuts et The message, se sont écoulées 45 bonnes années. Entre les hauts et les bas, il a su faire le dos rond. Et cette fois, Stanley Clarke a l’humilité et la lumineuse idée de s’entourer de jeunes loups pour exprimer et imprimer sa nouvelle orientation. Pari osé, mais gagnant. Le quatre fois lauréat aux grammys awards démontre qu’il reste une référence, à la fois sur les deux aspects acoustique et électrique, exerçant une emprise certaine sur le jazz fusion,  la funk, par ses interprétations assez distinctifs à la basse.

Sa jeune garde d’artistes aussi polyvalents que talentueux, dont Cameron Graves aux synthés, Beka Gochiashvili au piano acoustique et Mike Mitchell à la batterie, Stanley Clarke a également fait appel aux services de ses amis, le rappeur Doug E. Fresh et le trompettiste Mark Isham dans ce projet qui ne manque pas d’ambition.

The Message est le symbole de ce qu’a été ou est Stanley Clarke pendant les cinquante années au haut niveau, l’homme des fusions et inspirateur de nombres de musiciens. Espérons que le message dans cette galette continuera cette mission et conquérir d’autres adeptes. Qu’on se le dise, avec cet album, Stanley indique qu’il est de retour, et pour longtemps encore.

En écoute, un extrait de “And Ya Know We’re Missing You”:

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