“MOVIN’ BLUES”, l’art de la funambulie par RHODA SCOTT.

Est-il encore nécessaire de présenter Rhoda Scott ? Si ses printemps suscitent le respect; dans le métier, c’est davantage la connaissance et sa longévité qui l’intiment, pendant que la symbiose avec son instrument l’installe comme légende et en fait une grande dame de la musique.

Si le divin intervient dans la musique de la femme  aux pieds nus, comme on la surnomme, ce n’est pas non plus anodin. Fille de pasteur, elle n’a pas pu esquiver le virus du gospel. Heureusement, celui-ci ne l’a pas empêchée de s’ouvrir à d’autres colorations musicales, considérées à l’antipode du divin. C’est elle qui, avec beaucoup d’aplomb, résume cette conception: Je chante avec mon instrument. Il respire en moi. J’y suis fidèle. J’ai connu en premier  la musique religieuse et ensuite le jazz.  Dieu  peut  englober  tous  les  styles  de  musique.

Rhoda Scott

Avec Movin’Blues, l’une des dernières légendes du Hammond revient vers ses premières amours, ses fondamentaux, sa marque de fabrique. Celle qui a su faire la fusion parfaite entre Orgue et Batterie délivre une fois de plus, ce après quelques escapades, un impressionnant cocktail de 12 pistes, qui ravive à coup sûr l’enthousiasme de son public originel ; et qui saura également capter les curieux qui l’écouteront. Ce disque qui est un retour aux sources musicales, Rhoda Scott nous rappelle aux bons souvenirs des géants tels que Fats Waller, Duke Ellington, Juan Tizol, Melvin “Sy” Oliver etc.

Jeu riche et dense, on ne dirait pas que seuls un hammond et une batterie meublent l’essentiel du disque. Cette parfaite maîtrise de la funambulie dont fait preuve, une fois de plus Rhoda Scott dans Movin’Blue, donne toute son envergure à l’hammond et situe si besoin était, le niveau de la lady. Qu’il soit dit, the Barefoot Lady is definitely back, pour non pas seulement le bonheur de Eugénie et Virgile…Le 8 mars prochain, au Café de la Danse, les parisiens pourront déjà aller la voir sur scène, réciter son blues. De la funambulie musicale, Rhoda Scott en a fait une discipline, c’est le moins que l’on puisse observer.

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