“Duets” de Marialy Pacheco vient donner tout son sens à cette tradition des pianistes de haut vol, que Cuba offre à la musique.

A travers Duets, ne fait pas que s’exprimer une talentueuse pianiste. Encore moins, ainsi Chucho Valdes, “la plus grande des pianistes de la nouvelle génération”. Dans Duets, s’exprime également toute une école, un savoir-faire, une tradition. Cette tradition qui ne cesse d’offrir au monde, des pianistes d’envergure internationale. Et, il était enfin et vraiment temps que cette tradition accouche d’une femme au jeu flamboyant pour que cette tradition prenne tout son sens. A l’instar de ses compatriotes et pairs, Marialy Pacheco est un pur produit de cette cuvée de pianistes cubains de haute volée, dont l’album Duets, à l’image des précédents, n’offre encore qu’un témoignage liminaire d’une histoire qui ne fait que commencer. L’histoire d’une pianiste qui conjugue le piano avec élégance, fulgurance, percussion, virtuosité.

Six musiciens pour six duos, pour une galette qui compte 8 pistes. La 9eme, un bonus et reprise de la première piste (El Bola)* qui a cette particularité d’être une prise surprise ; mais d’une telle intensité, qu’il aurait été dommage de ne pas l’y inclure dans le projet. En invitant six musiciens (Omar Sosa, Hamilton de Holanda, Joo Kraus, Max Mutzke, Rhani Krija, Miguel Zenon) avec de véritables identités musicales, Marialy Pacheco démontre aussi par cette variété, sa capacité à se fondre tout en ne se diluant pas. Des duos qui en réalité permettent de découvrir davantage l’identité et la personnalité musicales. Une personnalité qu’elle expose brillamment dans Gitanerias (piste 5) et la bikina (Piste 8).

En ouvrant l’album en duo avec Omar Sosa par la chanson El Bola, la cubaine ne fait pas que seulement rencontrer un de ses mentors. C’est aussi une plongée dans une partie de ses racines et un clin d’œil à une autre grande figure de la cuvée des pianistes cubains. Car la musique de Marialy Pacheco est le reflet de ses origines, ses influences et de ses rencontres nombreuses.

Lorsqu’on écoute Duets, on n’échappe pas à son caractère contagieux, au suc doctement instillé par les mains volantes d’une pianiste qui n’a pas fini de nous surprendre, tant ses doigts ont encore des histoires à nous transcrire et nous subjuguer.

En écoute “Gitanerias”:

 

*Hommage au pianiste cubain Ignacio Jacinto Villa Fernández né le 11 septembre 1911 à Guanabacoa et mort le 2 octobre 1971 à Mexico selon wikipedia.