Avec ce nouvel album sorti en mars 2025, le bassiste et multiinstrumentiste vénézuélien Raúl Monsalve nous transporte dans l’ancestralité musicale de son pays, le Venezuela. Une ancestralité musicale dont la source en grande partie, est aussi à chercher dans l’africanité.
Il y a un des hasards comme ceux-là, que l’on qualifie de “heureux”. Comme la découverte de ce musicien et chef-d ‘orchestre, alors qu’aucun signe palpable dans ce sens, n’était à portée, si ce n’est l’actualité. Une actualité de nature à néanmoins orienter son regard vers ce pays, mais pas pour jubiler musicalement. Bien au contraire. Par exemple le rapt de son président par les États-Unis et son président interlopes, le vol de son pétrole et surtout le tremblement de terre qui l’a frappé. Il fallait être sourd et/ou insensible aux tumultes de ce monde, pour ne pas prêter une quelconque attention à tout ce qui à trait à ce pays à ce moment précis.
Une semaine comme celle-là, ne pouvait donc espérer meilleure issue. La rencontre et la découverte de ce groupe dont le nom à lui seul éveillait davantage la curiosité ce, malgré le poids des diverses activités et la fatigue qui va avec. Mais la force d’attraction était forte. Un voyage pesant en appelle visiblement un autre plus instructif, telle a été à la fin de la prestation colorée, percussive et enchanteresse de Raúl Monsalve Y LOS FORAJIDOS, la morale de ce jour là.
Dix-sept mois séparent la date de sortie de SOL et le concert donné au festival Tempo Rives ce 7 aout de 2026. De même qu’entre le concert du 7 aout et ces quelques mots sur SOL ou sur Raúl Monsalve Y LOS FORAJIDOS, un mois et 2 jours les séparent. Mais ces écarts ont ceci en commun, le temps n’a pas d’emprise sur l’effet produit sur vous, lorsque vous avez été au contact de l’œuvre. Elle réussit à imprimer une marque indélébile dans la mémoire. Car elle puise son expression dans la profondeur culturelle de son auteur. Elle slalome entre les rythmes, une conséquence des diverses rencontres. Raúl Monsalve nourrit ses compositions des traditions africaines et indigènes du Venezuela, de George Clinton à la période Mwandishi d’Herbie Hancock, de Jeff Parker aux collections des Nyege Nyege Tapes, il s’abreuve de leurs travaux. Généralement, la scène se trompe rarement. Elle permet de mieux rentrer en contact et confirmer la qualité de l’œuvre. Et une fois de plus, elle donne raison à ce groupe. SOL est une magnifique fresque musicale sans autre ambition que celle de magnifier son art.
Des pérégrinations musicales, avoir rencontré des artistes musiciens du Venezuela, le cas n’est pas isolé. De ces rencontres, jusqu’à ce 7 aout, aucune n’avait, par sa musicalité, son éclectisme, jamais autant montré une telle proximité qui existe entre le Venezuela et l’Afrique noire. Raúl Monsalve Y LOS FORAJIDOS l’ont fait et avec un brio exaltant. Raúl Monsalve nous plonge dans le Venezuela musicalement profond, celui qui tire sa substance dans l’africanité pour épouser d’autres expressions musicales. Sans raout et avec pudeur, l’album SOL ne fait pas que dire aussi l’africanité musicale du Venezuela, il rend également un vibrant hommage aux ancêtres afro-vénézuéliens qui ont résisté à l’oppression, par la musique, la danse et l’unité. Et c’est en cela que SOL est un album de jazz, donc de résistance. Et ça, c’est le jazz.
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