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AJA MONET, quand la musique et la poésie s’accordent pour sublimer la cause.

A son époque, parlant de la pratique du jazz dans sa quintessence Betty Carter dressait le constat en ces termes: “Je suppose que je suis la dernière des Mohicans. C’est compréhensible: chanter du jazz n’est pas une pratique rentable. Les jeunes chanteuses sont attirées par la chanson commerciale -et il faut regarder la situation en face: si ce que vous chantez devient commercial, ce n’est plus du jazz.“
Dans une certaine mesure, la comparaison peut être établie avec la jeune activiste, poète et musicienne Aja Monet. Figure et voix incontournables de cette race d’artistes en voie de disparition, qui inscrivent leur art musicale dans les mouvements sociaux, au service des causes nobles. La scène servant de réceptacle par excellence pour l’exprimer. Lentement et surement, Aja Monet s’impose et au service de sa subversivité utilise la poésie pour clamer son engagement pour les causes qui lui tiennent à cœur.
Avec un courage et une authenticité certains, elle a fait le choix d’assumer ses positions, sa vision, ses combats pour en faire des collaborations auprès d’instrumentistes tels que Justin Brown ou Meshell Ndegeocello. Après le succès de son premier album de poésie ” When The Poems Do What They Do” acclamé par la critique et nommé aux Grammy Awards dans la catégorie meilleur album de poésie orale en 2024, elle revient avec un second album “The Color Of Rain” entre compositions originales et influences jazz, soul et blues. Une vision musicale et revendicatrice résolument moderne.
Comme ce soir là, parmi les thèmes abordés par sa musique poétique, le drame congolais entre autres. Il va s’en dire, qu’elle est de la trempe de ces très rares musiciennes qui continuent d’exercer leur art, non pas pour son aspect commercial, sa rentabilité financière; mais plutôt pour leurs convictions. Ainsi vue, elle apparaît, malgré son jeune âge, comme l’une parmi les dernières des mohicans. Une artiste avec beaucoup de cran, de pugnacité et d’élégance dans la revendication. Elle est tout un art.
Jean-Jacques Dikongué

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