Après La Flor (2020), Bahia (2022) & Caribe (2023), ALAMAR quatrième album studio de la violoncelliste, sorti le 27 Mars dernier, sonne encore plus personnel que ne l’ont été les premiers cités, par les thèmes abordés. On note aussi le côté prolifique de l’artiste. 4 albums en l’espace de 6 ans, ce n’est pas très courant.
C’est Maxime Le Forestier qui rappelait dans une de ces chansons, Qu’on est né Quelque Part. Cette observation ou remarque survient, lorsque notre présence dans un lieu, suscite une interrogation, un questionnement…Même si ce n’est pas forcément le cas, concernant Ana Clara Maza, née la Havane (Cuba), il y a 36 ans, dans un édifice qui a accueilli des centaines d’enfants et familles chiliens. Pour lui témoigner son amour, sa reconnaissance, l’album ALAMAR s’ouvre par la chanson Habanera.
Seulement, il est aussi important de rappeler pourquoi la violoncelliste est cubaine. Si elle est cubaine c’est par sa naissance dans ce pays. Elle reste néanmoins la plus cubaine des chiliens. Et une raison à cela. Le 11 septembre (ah le fameux) de 1973, le CHILI, pays d’origine de ses parents, est violemment agressé et ensanglanté par des volontés de prédation des forces venues d’ailleurs. Cette agression y sème chaos et désolation en y installant la plus cruelle des dictatures. Un classique de ces exportateurs de la démocratie à travers le monde…
Une des conséquences de ce 11 septembre 1973 au Chili, est d’avoir fait quitter de nombreuses familles de ce pays pour les pousser à l’exode pour d’autres destinations. Et parmi celles-ci, les parents de la violoncelliste, dont le père est le pianiste Carlos MAZA. Comme de nombreuses personnes, Ana Carla MAZA est le produit de l’histoire de sa famille, de ses environnements respectifs, dont la France, est c’est aussi cela qui rend sa musique riche et profonde. Commençant par la polyglossie des textes, la pertinence thématique et la variété stylistique.
En allant à la rencontre de l’album ALAMAR, espèce de miscellanées du vécu de la violoncelliste, compositrice et productrice, ce n’est pas qu’aller écouter les prouesses techniques ou de quelques natures. C’est surtout aller à la découverte du récit personnel d’une artiste qui a accepté de se dévoiler un peu plus ce, avec des pointes de nostalgie, et également avec des parenthèses plus enjaillantes. Un album solaire, lumineux et d’une très grande douceur.
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