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“Luminescence”, la réponse de Sonny et de Gregory

S’il s’est parfois posé l’épineuse question de l’insertion du Gwo-Ka dans l’air de l’époque, et/ou celle de la cohabitation du tambour Ka avec les autres instruments, sans que le résultat qui en découle ne vienne trahir ou diluer toute la charge historique inhérente n’en soit vraiment dévoyée ; Luminescence, album à paraître dans quelques jours (entre le 26 et le 28 janvier en principe),vient offrir une brillante et cinglante réponse aux sceptiques de tous bords…

De la manière dont ses mains tapent sur les peaux du Ka ou ses baguettes caressent les fûts, de la même manière l’essence de la rythmique du batteur-percussionniste Sonny Troupé est orientée vers le tambour Ka. Est-ce le besoin d’ouverture du Gwo-Ka à d’autres influences qui dirige Sonny vers le pianiste Gregory Privat ? Le résultat lui, est une lumineuse  satisfaction.

Luminescence, album hautement symbolique parce qu’il réussit donc le pari de la cohabitation de styles avec beaucoup d’aplomb et pas seulement. C’est aussi le pari réussi de deux brillants artistes, l’un de la Guadeloupe et l’autre de la Martinique qui, par leurs talents conjugués, franchissent un palier supérieur en ouvrant le jazz antillais (le jazz tout court) à d’autres lectures et à  d’autres perspectives.

Si le piano de Gregory apporte de la luminescence dans cet opus, force est de reconnaître que la percussion de Sonny y contribue avec beaucoup d’incandescence, et parfois dans l’autre sens aussi, rétablissant le nécessaire équilibre.

Luminescence apparaît ici comme l’archétype  d’une ouverture musicale, d’une cohabitation aboutie de styles, d’une instrumentation de choix et de talents,dont il faudra nous accoutumer…car apporte la réponse tout en mettant fin aux débats qui hélas, divisent encore les puristes ( ?).

Luminescence est une percussion équilibrée de chaleureuses sonorités du Ka et du piano,pour le bonheur du jazz en particulier et de la musique en générale.

En écoute, un extrait de “Zéklè”

Jean-Jacques Dikongué

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