Chroniques

Avec “Family Tree”, Gregory Privat fait un pas de plus dans la famille de ces grands pianistes de Jazz.

Luminescent, et loin d’un projet expérimental comme l’était le précèdent album en duo avec Sony Troupé, Family Tree, le nouvel album de Gregory Privat l’est également. Un disque de plus, mais un pas de plus dans la cour des ténors des pianistes jazz. Et, expliquant la fondamentale différence avec le précédent album, l’artiste précise :

 Luminescence est un projet expérimental à part, et une collaboration en duo avec Sonny Troupé. Family Tree est la continuité de Ki Koté et Cyparis, en quelque sorte je devrais dire que c’est mon 3e album, pas mon 4e, la continuation de mon travail, ou je me présente à la fois avec la formation par excellence du pianiste de jazz, le trio, tout en proposant une autre vision du mélange du jazz et des musiques antillaises.

Enregistré en trio, avec ce troisième et/ou quatrième album, selon la compréhension de chacun, Gregory Privat, par la qualité du travail proposé, s’impose dans le paysage jazz, non pas comme un pianiste quelconque qui fait du jazz, ou une révélation, mais comme une référence. D’un album à l’autre, Gregory Privat s’est illustré et la qualité de son jeu l’insère davantage dans la cour des grands.

 

© Yannick Privat/Tilo Bertholo,Linley Marthe, Gregory Privat

 

Que du bonheur à écouter Family Tree et ses enluminures. Bonheur comme le titre qui ouvre l’album, comme pour nous installer confortablement dans la douceur et la générosité  du voyage dans cette invasion. Le bonheur de voir Linley Marthe troquer sa Fender bass pour une contrebasse, pour subtilement s’accorder à ses compères dont le chatoiement rythmique de Tilo Bertholo à la batterie et nous engoncer dans ce mélange des sonorités antillaises bien macérées dans du jazz.

Un album qui brille par son incandescence, la richesse de ses couleurs. Une livraison d’un pianiste qui ne fait plus mystère de ses intentions : être la référence de ce jazz antillais qui ne se fixe aucune limite dans sa conquête du monde. Un Gregory Privat qui s’affiche et s’exprime davantage comme un leader et dont l’incandescence du jeu, même à son niveau élevé, ne prend jamais le dessus sur la finesse, la justesse et la subtilité. A consommer sans modération.

En écoute: “Happy invasion”

Jean-Jacques Dikongué

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