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Boss pas comme l’autre ; mais Boss comme Mbella Edith…

Elle a quasiment tout lâché sous d’autres cieux, où elle avait déjà fait ses preuves, pour l’amour de sa patrie, des siens et surtout de sa maman et de Camp-yabassi. Oui, son Camp-Yabassi, quartier populaire dans la ville de Douala. Un de ses collaborateurs a osé, et à juste titre, parler de populeux. A Camp-Yabassi, vous ne connaîtrez jamais la solitude ou l’isolement. La vie y vit 24h/24h….le mouvement sous toutes ses formes est une constante, au point de décourager, de décontenancer, de faire fuir le/la premier/E snob qui s’y aventure.

Edith Mbella/Tribune2lArtiste

Mais, c’est bien à Camp-Yabassi qu’ Edith Mbella a choisi de poser ses valises et sa somptueuse expertise dans l’Art, pour l’y démocratiser, comme elle aime à souligner. Mais je pense qu’elle fait plus que démocratiser l’art, elle le popularise. Elle lui enlève ses oripeaux élitistes, pour le mettre au service et à destination du plus démuni, qui croyait que ce n’est pas son affaire. Elle l’éviscère de ses organes qui le rendent sourd et aveugle et le conduisent à ignorer tout le potentiel créativité qui habite et innerve les populations de ces quartiers à priori non réceptifs, non concernés…selon la vision étriquée des “snobs”.

En 5 ans, grâce à l’espace culturel qu’elle a créé et au nom très significatif de Bolo = Pirogue, elle a prouvé que même seule, rien n’est impossible à qui a la vision, la détermination et surtout porte en soi l’aménité. Oui, Edith Mbella traite ses concitoyens de Camp-Yabassi avec beaucoup d’aménité et ces derniers le lui rendent bien. Car sa démarche est plutôt guidée par d’autres desseins à savoir, inclure les excluEs de ce monde de l’art parce que n’habitant pas les faubourgs riches, parce que n’étant ni fille, ni fils de….pour leur faire “cracher” tout l’insoupçonnable talent qui est enfoui en eux.

Espace Bolo/Tribune2lArtiste

D’une apparence frêle, issue néanmoins d’une certaine bourgeoisie pour ne pas dire une bourgeoisie certaine, un parcours brillant, Edith Mbella a pour beaucoup, toute la panoplie d’une personne distante et snob, lorsqu’on ne l’approche pas. Pourtant, face à cette apparente fragilité physique, se dissimule un roc ; face à cette pseudo froideur qu’on pourrait lui coller au jugement hâtif, se dégage et se cache une personne chaleureuse, bienveillante, gaie et très joyeuse. Ce qui fait son pouvoir, son charme, résistant ainsi à toutes les adversités des snobs et bien-pensants de l’art, qui lui font le reproche de le décoincer et de le sortir des quartiers chics pour le ghetto. Mais, comme tous les avant-gardistes, elle a compris avant tout ce beau monde, que l’art n’a pas de frontières, à part celles que construisent ses détracteurs qui, curieusement, se posent en défenseurs.

Jean-Jacques Dikongué

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