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Sullivan Fortner, dans les bacs avec ARIA

C’est demain 4 septembre que la version physique de Aria, le premier Cd de Sullivan Fortner sorti sous le label Impulse, sera dans les bacs. Suivront ensuite quelques dates de concerts en octobre, en ce qui concerne la France.

Qui a eu l’opportunité de voir sur scène Roy Hargrove, Steffon Harris, Christian Scott ou Etienne Charles, n’a pu sortir dudit spectacle sans avoir en mémoire, les notes rythmiquement faites avec beaucoup de minutie par ce pianiste originaire de la Nouvelle-Orléans. Ses lettres, euh…ses notes de noblesse, c’est bel et bien au contact des artistes sus cités qu’il les a acquises, éveillant l’âme de compositeur en lui sommeillant.

Ancien étudiant de Jason Moran entre autres à la prestigieuse Manhattan School of Music, Sullivan Fortner a travaillé dans l’ombre et a su capitaliser toutes ces expériences. Ne se contentant plus seulement de faire apparaitre son nom dans les albums des autres (Dee Dee Bridgewater, Ambrose Akinmusire, Donald Harrison, Nicholas Payton, Billy Hart, Gary Bartz, Marcus Belgrave, Dave Liebman etc.), il propose le sien : Aria.

©Enzo Santoro/Facebook Sullivan Fortner

 

ARIA, est le fruit de ce travail de maturation effectuée auprès des autres comme sideman et qui se concrétise dans cet opus en tant que leader d’une formation ; avec Sullivan Fortner (piano), Tivon Pennicott (saxophone ténor : 1, 2, 3, 4, 6,8), Aidan Carroll (contrebasse), Joe Dyson (batterie). Si l’harmonie que donne l’album laisse entrevoir une collaboration ancrée dans une longue période, il faut souligner que la patte euh…le saxophone de Tivon Pennicott y est dominant.

Aux 5 compositions originales de Sullivan Fortner dont Aria (qui prête son nom à l’album) qui nous introduit dans l’album, s’ajoutent 5 relectures (I mean you, You’re Special, All The Things you’re, You know I Care et For All We Know) qui illustrent les influences du pianiste. C’est ainsi que l’on s’apercevra de celle de Monk dans Parade (piste 3) et Passepied (piste 8) et compositions originales ; ou alors I Mean You (piste 4), une reprise du célèbre Thelonious Monk. You Are Special, une composition de Fred Rogers, et que Sullivan chantait régulièrement, lorsqu’encore enfant, dans une émission sur PBS.

ARIA respire la fraicheur d’un pianiste qui n’a pas encore fini de révéler les trésors en lui enfouis et dont les doigts se remuent d’impatience pour nous les faire entendre. Une œuvre rythmiquement bien exécutée par un pianiste de classe.
En écoute “Finale”

http://www.sullivanfortnermusic.com/

Jean-Jacques Dikongué

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