Chroniques

Stéphane EDOUARD nous embarque, destination Pondichéry.

Il y a plusieurs façons de prendre son envol ; mais lorsque celui-ci est pris dans un vol, comme c’est le cas avec Stéphane Edouard et son PONDICERGY AIRLINES,  alors c’est l’illustration, la traduction parfaite de l’expression. A bord du vol inaugural qui nous emmène de la France (Cergy) à ses racines, l’Inde (Pondichéry), Stéphane Edouard nous abreuve des délices amassés, fruits de ses diverses et multiples collaborations en tant que batteur-percussionniste.

L’agression, le viol dont ont été victimes Pondichéry comme de nombreuses villes et pays dans le monde par la France, n’ont pas réussi à et ne réussiront jamais à faire oublier aux enfants de ces contrées, leurs racines, leurs origines malgré tous les mirages brandis…à l’image de ce que disait Toussaint Louverture : “En me renversant, on n’a abattu que le tronc de l’arbre de la liberté des Noirs ; il repoussera par les racines parce qu’elles sont nombreuses et profondes.” Stéphane Edouard en fait une véritable et magnifique démonstration dans ce premier jet en tant que leader. Plus qu’une simple relation hiératique avec sa culture originelle, ceci relève du viscéral. Bien qu’attentif à ses divers environnements, l’Inde, ses origines, l’habitent.

Stéphane Edouard/© Jean-Baptiste Millot

Dans le super voyage qu’il nous invite à partager, en conteur, il nous décrit la beauté de son pays originel par des sonorités apaisantes, joyeuses, enivrantes. Il nous dépeint ses paysages, ses sonorités, ses profondeurs, ses légèretés. Comme le témoignent entre autres «Mother’s Land» d’une beauté désarmante, «Appa» dans lequel il associe le groove d’Etienne Mbappé à la basse ou «Sathya & Sohane», «Full Metal». Il est maladroit de parler d’un titre et de ne pas parler d’un autre; rarement, un album a su dévoiler dans tous ses titres, une si éclatante beauté et efficacité.

Une telle prouesse ne pouvant se faire qu’avec l’apport d’autres éléments, ce qui est aussi marquant, est la présence dans cet opus, de ce qui se fait de bon à la basse dans la place parisienne et dans le monde. Etienne Mbappé, Michel Alibo, Linley Marthe, Hadrien Féraud…excusons du peu ! La vingtaine de musiciens venant de cultures différentes et embarqués dans l’élaboration de ce dépaysement musical qu’a entrepris Stéphane Edouard entre son pays de naissance et celui d’origine est encore une preuve patente, que ce n’est pas à ceux qui enrichissent la France par leurs apports en toutes natures, de faire un effort d’ouverture…

Un album destiné à rentrer dans les archives musicales comme une référence ce, à plusieurs égards. Pour le vol officiel prévu le 15 de ce mois, sous le sceau de Cjazz Productions/Absilone, sans hésitation aucune, saisissez-vous d’un verre de cherry ou même du sherry pour déguster la suavité de la voix de Julia Sarr dans «Xol Naleu»…

Jean-Jacques Dikongué

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