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“Meesanedi” ou le signe de l’envol de Papy Anza ?

Si, ainsi nous l’enseigne l’adage, comparaison n’est pas raison, elle peut néanmoins servir de curseur, d’indicateur afin d’orienter, de situer. S’inspirer n’est pas singer, c’est ce qui ressort de l’écoute de Meesanedi et de Emilie, les deux pistes qui constituent le maxi single que vient de commettre Papy Anza.

Meesanedi” comme le commencement, le début, comme premières lueurs, comme amorce d’une carrière  porteuse d’espoir et prometteuse !? Aucune certitude pour le confirmer ou l’infirmer. Seuls quelques indices autorisent cette espérance pour cet artiste musicien auteur compositeur dont la seule voix et le style ne sont pas sans rappeler quelques uns de ses illustres ainés.

Né le 4 juillet 1984 à Douala (Cameroun), Papy Anza a, plutôt que de continuer ses études de biochimie (Bachelor Degree en Biochemie) et malgré l’œil désapprobateur de son paternel, préféré répondre aux sirènes de la musique. Multi-instrumentiste dont une préférence pour la guitare et la basse, comme la quasi-totalité des artistes-musiciens de la ville, c’est dans les cabarets qu’il affute et affine ses armes.

S’il n’a pas la voix la plus élaborée, la plus raffinée, la plus soignée et la plus soyeuse des artistes-musiciens au Cameroun actuellement, alors, elle (voix) n’en est pas loin. Elle flirte carrément aux abords du sublime. Papy Anza, que nous avons eu l’opportunité de voir prester dans un cabaret de la ville de Douala, nous avait impressionnés par sa maturité sur scène, mais surtout par la qualité de sa voix et de ses textes.

Belle plume, pour certains de ses compatriotes et “collègues”, qu’elles/ils soient au Cameroun ou à “l’international”, il a écrit certaines des plus belles mélodies qui composent les titres de leurs albums. Malheureusement, Papy Anza n’a été qu’une lanterne sourde. Puisque ces “collègues” se gardent bien de lui attribuer les mérites encore moins les crédits de ses contributions comme l’exige pourtant la probité intellectuelle.

Meesanedi” sonne comme cette hirondelle qui annonce le printemps ? Pour Papy Anza, une chose est certaine, le moment est propice. Il est temps de fendre l’épaisseur de l’obscurité. Il a décidé d’occuper la place qui est sienne, est décidé à prendre les devants et ne plus se laisser “voler” ni le talent, ni le mérite. Avec ce maxi single, Papy Anza vient d’amorcer un tournant dans sa trajectoire et celle-ci commence à l’aube “Meesanedi”. Les caresses de sa voix soyeuse et la finesse de la basse de Jabar ne trompent pas; Papy Anza a pour le coup, entamé sa marche vers une destination que nous souhaitons, conquérante et fructueuse.

L’équipe qui a porté le projet “Meesanedi” se compose de:

A/C: PAPY ANZA
Vocal lead: PAPY ANZA
Chœurs: ARMAND BIYAG, FINAL D & PAPY ANZA
Batterie: KASTRO EPANYA & HAOUSSA DRUM’S
Clavier: ARMAND BIYAG
Guitare: PAPY ANZA
Bass : JABAR:
Arrangements: PAPY ANZA, KASTRO EPANYA, A. BIYAG & BLAISE ESSAME

Jean-Jacques Dikongué

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