Jazzahead 2017, la ville de Brême en bonne voie pour être la voix du jazz en Allemagne.

Parlez de Beck’s aux badauds présents dans la ville et vous ne réussiriez pas à délier les langues. Mais parlez leur du jazz et vous en apprendriez davantage sur la ville. Qu’est-ce que Beck’s (brasserie et marque de bière allemande) et jazzahead ont-ils en commun ? Ils sont tous les deux, des marqueurs de la ville de Brême. Pourtant, d’après cette petite expérience, jazzahead est en passe de ravir la vedette à la Beck’s (plus d’un siècle de présence) et, surtout, s’imposer comme capitale allemande du jazz, ce qui ne serait pas une usurpation. Ce ne sont pas Ulrich Beckerhoff et Hans Peter Schneider, respectivement directeur artistique et directeur de jazzahead qui soutiendront le contraire. Depuis plus d’une dizaine d’années, la ville de Brême organise et héberge l’un des plus grands salons internationaux de musique qui célèbre et se consacre entièrement au jazz et ses diverses variantes. L’édition de cette année n’a pas dérogé à la règle.

Dimanche 30 avril dernier, la douzième édition du rendez-vous international de Brême entièrement consacré au jazz a pris fin.Une fin plus tonitruante que ne l’a été le démarrage. Sans avoir les chiffres, les impressions récoltées ci et là auprès des organisateurs, laissaient indiquer une édition fructueuse…

Un démarrage timide pour une fin en puissance. Tel pourrait se résumer le déroulement de la douzième édition du jazzahead. Climat clément et généreux, soleil radieux, une ville en pleine mutation, dans l’attente des prochains changements politiques, une ville avec un vrai dynamisme et une réelle effervescence culturels. C’est sous de heureux auspices que, le jeudi 27 avril, la ville de Brême a, pour la douzième fois sans interruption, accueilli les différents professionnels du jazz dans ce rendez-vous annuel. Une rencontre qui a réuni les acteurs et amoureux du jazz venus des quatre coins du globe et qui ont eu l’occasion d’apprécier ses saveurs dans tous les lieux propices et capables d’en assumer la responsabilité et la tenue des concerts.

Favoriser les échanges entre les différents acteurs autour du jazz, et également permettre l’exposition des nouvelles expressions de ce style, telle sont quelques-unes des ambitions du rendez-vous annuel de Brême. Car les vrais acteurs du jazz, celles et ceux sans lesquels, ces rencontres seraient impossibles, les auteurs, compositeurs, interprètes, restent les musiciens. Sans ces créateurs, pas de business autour du jazz en particulier et de la musique en général. Un rendez-vous annuel qui a aussi l’avantage de mettre en évidence la scène jazz allemande qui, année en année, prend de l’ampleur et commence à s’imposer sur la scène internationale.

©Tribune2lartiste.com/Ulrich Beckerhoff-Hans Peter Schneider-Von Schellendorf

 

547 groupes/bands de 55 pays sur la ligne de départ, seulement 40 de 19 pays ont finalement reçu le sésame de pouvoir bénéficier de l’éclairage de la manifestation pour cette 12 Edition. Ici comme dans bien d’autres domaines hélas, le dicton selon lequel beaucoup d’appelés et peu d’élus ne s’est jamais aussi bien vérifié et pris tout son sens dans cet exercice. C’est dire combien la tâche était titanesque pour le jury en charge du choix des acteurs/actrices qui, 3 jours durant, ont eu l’opportunité de se produire sur les différentes scènes de jazzahead.

Comme il est de tradition maintenant depuis quelques années, six ans précisément, la direction de jazzahead a fait le choix de mettre en l’honneur, un pays guest. Donner carte blanche pour se présenter et faire connaitre sa culture. C’est pour cela qu’au-delà d’un simple salon international autour du jazz, jazzahead est également une fête culturelle (Kulturfest). Et la Finlande a été l’heureuse invitée de cette douzième édition, après la Suisse en 2016, la France en 2015, le Danemark en 2014, Israël en 2013, l’Espagne en 2012 et la Turquie en 2011. Et c’est peu dire que d’affirmer que ce pays du haut nord a pu et su saisir cette opportunité pour se mettre en évidence. Sa finesse organisationnelle, son sens du raffinement, la chaleur de son accueil ont été autant d’éléments qui sont de nature à orienter le visiteur dans sa perception de ce pays. Tant sur le plan de l’accueil que dans son offre musicale, la Finlande a parfaitement assuré.

Dans sa lancée pour la promotion du jazz en Allemagne, la direction de jazzahead a depuis 4 ans, institué un prix récompensant le meilleur journaliste jazz. Pour cette année, le prix est revenu à Martin Laurentius. Prix doté d’un montant de € 5000 et soutenu par la fondation hambourgeoise du Dr. E.A. Langner.

Bremen © Jan Rathke / Messe Bremen

 

Es war zwar nichts los am ersten Tag…aber das Ende war großartig.

Avec plus de 130 concerts programmés sur les 3 scènes du Schlachthof, Hall 7.1 et 7.2 s’ajoutent celles des Clubnight. Par cette initiative la ville de Brême, par le jazzahead, entend une fois de plus prouver toute sa détermination dans son soutien au jazz. Car les Clubnight qui sont une autre innovation, utilisent le label jazzahead sans autre contrepartie, mettant ainsi en évidence, le caractère social de cette organisation. Une façon aussi de se faire une publicité au travers de ces Clubnight. Un win-win partenariat qui arrange les deux parties et assure la vitalité du jazz dans la ville.

Dans sa programmation, les showcases avaient été fixés de manière suivante :
-1 Journée : Finnish Night
-2 Journée : European Jazz Meeting
-3 Journée: German Jazz Expo & Overseas Night.

Malgré un faisceau d’éléments en faveur d’un démarrage en trombe, parmi lesquels le timing organisationnel scrupuleusement observé, l’entrée en matière a plutôt été timide en la journée du 27 avril. « Es war nichts los » comme l’ont avoué certains professionnels et spectateurs avertis. Mais la faute, d’après ces mêmes analyses, incombait à : jeudi. Puisque les jours qui ont suivi, la tendance a été inversée. Les faits confirmeront ce constat par une affluence montée en puissance, de la même façon que les showscases devenaient de plus en plus intéressants de par la qualité des intervenants. Un autre point de satisfaction de la journée d’ouverture aura été la session d’initiation au jazz par la voie de l’improvisation. Une nouveauté dans l’offre que propose jazzahead et savamment mise en place par la direction.

Sur l’aspect purement scénique, nous y reviendrons avec des chroniques bien ciblées.
Le moins que l’on peut dire, c’est que jazzahead s’enracine et devient l’incontournable espace d’expression du jazz européen. Et pour l’Allemagne, en intégrant les petits clubs de jazz ou pas, de programmer a la même période différents artistes en utilisant le label jazzahead, Brême et son label se positionnent comme un véritable hub et vecteur de la propagation du jazz par excellence.

Sans contexte, jazzahead est devenu le label par lequel, la ville de Brême se présente et s’offre au monde, se rapprochant lentement mais surement, de la synonymie Brême c’est du Jazz. Vivement 2018 donc, pour une fois de plus, vivre de belles aventures dans la capitale allemande du jazz, qui accueillera la Pologne comme Guest-star. Au moment de la publication de ces lignes, nous n’avions malheureusement pas encore eu les données statistiques pour juger du succès économique ou pas de cette édition.