Fathia RADJABOU raconte « Je ne sais pas quoi faire de ma vie »

Radjabou3L’auteur :
Née à Moroni (Grande-Comores). A l’âge de 6 ans, après l’indépendance, mes parents ont choisi de venir s’installer à Marseille.
J’ai grandi dans cette ville cosmopolite où j’ai effectué ma scolarité. Par la suite j’ai suivi des études de sciences économiques à l’Université Cézanne à Aix-en-Provence.
Je suis venue vivre à Paris pour passer des concours de l’enseignement. Je suis actuellement professeur agrégée au Lycée Gustave Eiffel à Rueil-Malmaison où j’enseigne en BTS Communication.

Parallèlement j’écris, qui est ma passion de toujours. Elle date de mon enfance quand j’ai su lire et surtout après ma découverte de Balzac et Tolstoï.

Qu’est-ce qui a inspiré cette œuvre ?
« Je ne sais pas quoi faire de ma vie » m’est venue peu à peu en voyant autour de moi des femmes surtout, qui se cherchaient à se réaliser professionnellement, personnellement. Un équilibre délicat à trouver.

La matérialisation de l’œuvre
Le livre a pris forme peu à peu quand j’ai voulu décrire plusieurs type de femmes, de différentes origines qui sont confrontées à un moment charnière de leur vie à la nécessité de se réinventer, de trouver ce qu’elles peuvent faire pour se réaliser pleinement. Les histoires se passent à Marseille, une ville que j’aime beaucoup et qui reflète le besoin de changement, comme toutes ces femmes.

Contexte de rédaction
J’ai commencé un des textes il y a une bonne dizaine d’années (le texte : 30 ans). Les autres se sont imposées après. J’ai ressenti à un moment de ma vie une urgence à écrire. Je le faisais partout, dans le métro, la nuit, au réveil. Des dialogues s’imposaient à moi des personnages. Je mangeais tranquillement du chocolat et le dernier personnage m’est venu à l’esprit. J’ai écrit toute la journée sans relâche.

J’ai passé les plus beaux moments de ma vie, en écrivant ce roman. Je pleurais, riais. J’étais devenue eux et j’ai eu beaucoup de mal à les quitter. Je m’étais attachée.

Anecdotes et coulisses
Comme je le disais plus haut la plupart des textes me sont venus rapidement, je ressentais une sorte d’urgence à les mettre en forme. A l’époque j’hésitais entre passer le concours de la PENA (pré-concours de l’ENA) et écrire tout en enseignant.
J’avais mis de côté l’idée d’écrire pour réviser le concours j’avais été admissible à l’oral.

En attendant mon tour, j’ai eu soudainement mal au cœur, les candidats étaient stressés, sérieux, quelques uns suffisants. Je me suis sentie mal à l’aise et j’ai entendu une voix intérieure me demandant ce que je faisais là. J’étais en colère contre moi de me laisser disperser.
Mais j’avais compris au fond de moi, je ne voulais pas passer l’ENA. Dés lors, il me fallait écrire à tout prix.
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Un petit résumé de cette œuvre.
Kariméne, Melissa, Maria, Zahara… sont des femmes qui habitent Marseille. Elles sont différentes de par leurs origines ethniques (comorienne, marocaine, italienne…) économiques (grande bourgeoisie, filles d’immigrés..), religieuses, mais vivent toutes des contraintes qui à un moment de leur vie les amènent à se poser la question de comment être épanoui, quelle direction personnelle donner à sa vie?

Comment réinventer sa vie quand on est contraint dans un mariage, avec des enfants, dans son travail ? Comment s’épanouir quand d’autres dictent nos choix ?….