André-Marie Tala: « J’aurais pu faire un duo avec James Brown »

Ce 17 mai à l’Olympia le chanteur de « Je vais à Yaoundé » a célébré ses quarante-cinq ans de carrière, avec son acolyte de toujours Sam Fan Thomas. L’occasion de tendre le micro à ce monstre sacré de la chanson camerounaise.

Lors de votre récital à l’Olympia vous avez inclus votre dernier album « Trajectoire » sorti l’année dernière, en featuring avec Kareyce Fotso.
Les gens aiment beaucoup de mes chansons. C’est un choix difficile mais on a intégré cet opus « Trajectoire » avec la chanson «One day » sur le programme de l’Olympia.

C’est aussi une histoire de famille puisque vos filles Grâce et Marilyne font partie des choristes.
Sur un titre j’ai introduit mes filles qui sont aussi musiciennes. Tout le monde chez moi fait de la musique. J’ai toujours pensé que dans la famille chacun devait avoir de bonnes notions théoriques et pratiques de la musique. La plus petite est au Conservatoire depuis neuf ans. La plus grande depuis douze ans. Mon souhait est que, quelque soit le métier qu’elles choisiront, elle soient en mesure de continuer dans cette voie et écrire les partitions de la musique de leur père. Qu’il y ait un prolongement artistique professionnel, un peu comme ça se fait en Europe.

Votre propre histoire commence à Bandjoun à l’ouest du Cameroun en 1950.
Je suis de Bandjoun. J’ai joué à Bafoussam, la capitale régionale du pays bamiléké, et à la chefferie de Bandjoun il y a un peu plus d’un an, dans le cadre d’un grand festival de mon village. Je suis influencé par tout ce qui vient du Cameroun, de l’Afrique et du monde. Je suis à la base un artiste de variété qui puise ses racines dans les rythmes camerounais, en particulier de l’ouest parce que c’est ma région natale. Ma curiosité intellectuelle m’a amené à scruter le monde, à écouter tout ce qui vient du Cameroun, de l’Afrique, des États-Unis, de l’Europe. Les traces de cette curiosité peuvent être décelées dans tout ce que je fais depuis le début de ma carrière.

Il paraît qu’enfant, votre première guitare était en nylon.
J’ai utilisé du fil de nylon pour faire les cordes de ma première guitare et de la nervure de bambou pour faire la caisse. Faute de mieux j’ai commencé comme ça avant de recevoir, de la part de mon oncle Wafo Paul, une guitare moderne.

Pensez-vous que votre non-voyance ait un rapport avec votre acuité musicale?
Je ne travaille pas en pensant que je suis non voyant. Je travaille juste. Dès l’instant que j’ai dominé ce que les autres appellent un «handicap». J’ai travaillé, comme tout le monde, sans avoir le souci de voir ou pas. J’ai ce qu’il faut pour travailler. La première arme d’un musicien c’est l’oreille. Dieu merci j’ai l’oreille la plus fine qui puisse m’être donnée. C’est une arme efficace. Le reste c’est ma passion, le temps que je consacre pour travailler la guitare, écrire des chansons, écouter ce qui se passe dans le monde.

On vous surnomme le « Stevie Wonder africain »
On ne fait pas les mêmes choses. Je suis guitariste. Stevie Wonder est aux claviers et l’harmonica. Je travaille pour rester Tala. Un parallèle est fait parce que Stevie Wonder est non-voyant mais sur le plan musical chacun a son chemin.

©Julien Legros|Tribune2lartiste

©Julien Legros|Tribune2lartiste

Vos débuts ce sont les années 60 les yéyé avec ces groupes aux noms bien sentis les Rock boys puis les Black Tigers.
Je suis certes un self made man mais avant tout un citoyen du monde. J’ai grandi en écoutant, depuis le Cameroun, toutes les musiques du monde. La culture anglo-saxonne avec les Beatles, les Rolling Stones, les Doobie brothers, Elton John. Beaucoup de groupes américains. Les Ray Charles, Stevie Wonder, Clarence Carter, James Brown, Wilson Pickett, Otis Redding, Sam and Dave, Aretha Franklin, George Benson et BB King qui vient de nous quitter et auquel je rends hommage sur scène. En France j’écoutais Johnny, Sylvie Vartan, Joe Dassin, Richard Anthony qui nous a lui aussi quitté il y a peu. Claude François, qui, pour la petite histoire m’avait proposé de me produire en France. Ça ne s’est pas fait à cause de l’accident que l’on connaît. J’étais aussi très attentif à ce qui se faisait en Afrique: Miriam Makeba, la rumba congolaise avec Tabu Ley Rochereau, Franco. Le grand guitariste Docteur Nico qui, ce que les gens ne savent pas toujours, a repris mon morceau « Sikati ». Tout cela m’a façonné et amené à devenir un musicien du monde. Quand on écoute toutes ces tendances on ne peut qu’être un citoyen du monde qui utilise certains éléments, parfois de manière inconsciente, pour faire son travail.

Dès ces débuts votre compère Sam Fan Thomas apparaît.
Je suis resté le chef d’orchestre des «Black tigers» pendant dix ans, avec Sam Fan Thomas comme guitariste. Il a progressé sur cet instrument grâce à moi parce que j’étais le chef d’orchestre. Quand il est arrivé il ne savait pas jouer. Comme c’est un bosseur, qu’il suivait les conseils, on a travaillé ensemble dix-huit heures par jour pour asseoir un répertoire riche et dense.

« Sikati » fait partie des classiques de ce répertoire.
J’ai composé « Sikati » au moment où les « Black tigers » prenaient de l’ampleur. Je menais une double carrière. J’étais avec les « Black tigers » dans le cadre de mes concerts au Cameroun. On a été aussi à Dakar. Parallèlement j’enregistrais mes chansons en tant que Tala. C’est dans ce cadre d’artiste solo que j’ai composé « Sikati » en 1972.

Vous aviez 20 ans et c’est là que Manu Dibango vous a donné un conseil décisif pour la suite de votre carrière.
Manu Dibango m’a tendu la perche. Je suis allé vers lui à Douala. Je lui ai demandé comment je pouvais faire un enregistrement qui donne un résultat compétitif. Si l’enregistrement n’est pas de qualité vous pouvez toujours travailler mais personne ne vous écoutera ou si on vous écoute vous êtes en deçà de votre valeur si vous n’avez pas enregistré dans un studio compétitif. Je suis venu à Paris avec lui. On a enregistré « Sikati », « Donne-moi », « Potaksina », « Namala Ebolo », « Café », « Mwouop ». Ces six chansons sont sur mes trois premiers 45 tours. Le label Decca sur lequel Manu Dibango m’a fait rentrer était une structure professionnelle comme on en trouve rarement de nos jours. « Sikati », « Namala Ebolo », « Café » m’ont permis de me propulser sur le plan international. A cette époque là mes disques ont été distribués au Japon avec des pochettes en japonais. Certains de mes albums sont sortis en Afrique du Sud, en Italie. C’était une belle période.

Une belle période qui culmine avec « Hot koki » en 1975. Vous pouvez rappeler ce qu’est le koki?
C’est un gâteau fait à partir d’une variété de haricot que les dames décortiquent. On enlève la peau. On mouille, écrase, passe au mortier, y mélange de l’huile rouge. On le laisse au feu, fait cuire, sans noyer le contenu dans l’eau. Il faut prêter attention pour que l’eau reste en dessous. On place les feuilles dans la marmite pour que l’eau reste en marmite dans le fond sans toucher la pâte. Après une longue cuisson on le mange avec le macabo, le plantain, la patate douce ou autre. C’est un des plats prisés, quand c’est bien fait, par tous les camerounais. Je travaille par intuition. Ce morceau était une manière de louer le travail de nos mamans et de valoriser l’Afrique. C’est un plat bon pour les diabétiques. Il est bio. Le haricot est conseillé par les nutritionnistes. C’est une façon de mettre l’accent sur un mets que j’aime particulièrement. Montrer qu’on peut le vendre à l’internationale et faire prendre conscience aux camerounais qu’ils ont sous la main quelque chose de bon et précieux!

Si précieux que James Brown a plagié votre koki!
Manu Dibango a déjà raconté cette histoire sur la radio Africa numéro un. James Brown est venu au Cameroun en mai 1975. Je suis allé lui remettre, ainsi qu’à son manager Charles Bobbitt, un exemplaire de mon album « Hot koki », enregistré un an plus tôt, qui venait de sortir. Quelques mois plus tard j’ai entendu la reprise qu’il en a fait. Malheureusement il ne m’a pas cité. Mon nom n’apparaît pas sur la pochette de son disque: « Everybody’s Doin’ The Hustle & Dead On The Double Bump » C’est comme ça! J’ai fait un procès que j’ai gagné, après quatre ans de procédure. Manu n’a connu son procès avec Michael Jackson que quelques années plus tard quand son « Soul Makossa» a été plagié sur «Thriller» en 1982.

«Hot koki» est une chanson très soul. Avez-vous vous même été un peu influencé par James Brown?
Ce que j’ai fait n’avait rien à voir avec ses trucs à lui. Sauf que quand il a écouté le titre le côté soul a dû l’interpeller. Il a repris l’introduction, le corps du morceau, la même gamme, le même fond musical. Il a juste changé les paroles. Au lieu de chanter dans ma langue il a chanté en anglais: Hustle (Dead on it) Des années plus tard un jeune m’a demandé s’il pouvait aller voir James Brown pour lui proposer de refaire le titre ensemble. J’ai accepté. Au moment où il devait aller aux États-Unis on a appris la mort de James Brown par les médias. C’était en 2006.

En 1976 vous avez aussi fait votre hommage à la femme afro: Black woman
J’ai fait « Black woman» avec ce grand bassiste camerounais Jojo l’explosif, qui a travaillé avec Manu. Cet album a connu un vrai succès à l’international. A travers la figure de la femme noire je voyais ma maman et toutes les femmes qui m’ont nourri et fait grandir.

Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec le réalisateur Daniel Kamwa?
C’est l’un des grands réalisateurs camerounais et africains. Il m’a sollicité deux fois pour le long-métrage « Pousse pousse » sur lequel j’ai eu l’honneur et le plaisir de travailler en 1977. J’ai écrit une chanson: « Londie» qui a contribué au succès du film. Quelques années plus tard il m’a appelé sur son film « Notre fille» inspiré de la pièce «Notre fille ne se mariera pas » de Guillaume Oyono Mbia. J’ai eu la chance de créer les musiques qu’il a utilisé pour illustrer ce film, sorti en 1981.

De l’Indépendance en 1960 jusqu’en 1970 le pays bamiléké a subi une soi-disant « campagne de pacification » de l’armée d’Amadou Ahidjo appuyée par l’aviation française du général de Gaulle qui s’est soldée par un massacre de plus de quatre-cent mille morts. Comment avez-vous vécu cette période sombre?
Comme tout le monde dans cette région j’ai connu le maquis. Les avions français bombardaient les gens. On a du dormir plusieurs fois en brousse. J’ai encore les images de têtes de gens coupées au carrefour de Bafoussam. C’est un carrefour qu’on appelle jusqu’à présent le carrefour maquisard parce qu’il y avait des têtes, des corps entiers exposés. Il y a une chose qu’on doit rectifier historiquement Ceux qu’on appelaient maquisards à cette époque c’étaient des nationalistes qui luttaient pour l’indépendance. Comme ils traitaient avec Moscou, les dirigeants français de l’époque qui soutenaient Ahidjo ont voulu les annexer comme des maquisards. Aujourd’hui la plupart des camerounais savent que c’étaient des nationalistes. Malheureusement nos histoires sont souvent effacées et pas forcément écrites par nous-mêmes. Je crois que les africains apprennent à se réapproprier leur histoire. Quand ce sera fait les choses seront remises dans leur contexte. Il faut reconnaître que les militants de l’Union des populations du Cameroun: Ruben Um Nyobé, Ernest Ouandié, Félix Moumié et d’autres étaient des nationalistes. Ils avaient leurs idées pour le pays. Même si ces idées n’étaient pas celles du régime en place à l’époque ils n’étaient pas moins camerounais que les autres!

Vous-même avez essayé d’apporter votre contribution en donnant des conseils à certains leaders africains.
J’ai donné des conseils, de manière toute à fait informelle, quand j’ai pu croiser certains chefs d’état africains qui avaient beaucoup de sympathie pour moi. J’ai rencontré plusieurs fois Ahidjo, Omar Bongo, Ange Félix-Patassé. Le président Houphouet Boigny avait des projets avec moi. Malheureusement je l’ai croisé quand il était déjà fatigué. On n’a pas pu développer tout ce qu’on a discuté un soir quand il m’a invité à manger chez lui.

Vous êtes un panafricaniste convaincu. Vous avez notamment participé à « Tam Tam pour l’Ethiopie » en 1984.
Quand c’est nécessaire les artistes africains savent se réunir pour donner leur voix et contribuer. Je suis panafricain dans l’âme et les actes. J’ai été sollicité par des présidents africains de divers pays: Patassé l’ancien président de la République centrafricaine, Houphouet-Boigny de Côte d’Ivoire. J’ai démontré mon panafricanisme dans mon travail. Sur l’album «Mother Africa » il y a le titre « Côte d’Ivoire ». J’ai chanté la Guinée Équatoriale. En 1975 j’ai chanté « N’djaména » la capitale du Tchad, en disant que j’y irais un jour.

A la fin des années 70 sur les albums « Special Tchamassi » et Super Tchamassi » vous avez essayé de développer le style tchamassi. Qu’est-ce que c’est?
C’est un mélange de l’afro-beat- à l’époque Fela Kuti avait le vent en poupe- de la biguine antillaise et du makossa. Ce mélange a donné le tchamassi, style que j’ai travaillé longtemps pour le développer. J’avais une autre variété de tchamassi issue d’une musique de l’ouest: le muto. Malheureusement ça n’a pas été suivi parce que c’était peut-être un peu compliqué sur le plan académique. Le grand public aime les choses simples. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai travaillé pour sortir le style ben skin du ghetto, le rendre international. J’avais à cœur de rendre un rythme populaire. Montrer qu’il y a d’autres styles musicaux que le bikutsi, l’assiko et le makossa.

Quelle est cette rencontre avec le ben skin que vous avez contribué à populariser?
J’ai sorti le premier album « Ben skin » en 1993, qui a pris de l’ampleur. Beaucoup de jeunes camerounais ont suivi derrière. ça fait désormais partie des rythmes connus au Cameroun et ailleurs. J’aime sortir des sentiers battus. Je n’aime pas la monotonie. J’aime fouiller. Je suis allé au Cameroun plusieurs années pour suivre les groupes ben skin. J’ai constaté que c’était un rythme tiré du folklore mais qui intéresse la jeunesse. Je voulais travailler sur un rythme qui puisse intéresser les jeunes. Dans tous les groupes de ben skin que j’ai croisé, lors de mon travail sur ce rythme, j’ai constaté que les jeunes qui dansaient dessus ne venaient pas seulement de l’Ouest. Il y avait des jeunes beti, ewondo, bafia, bassa, douala… C’était fédérateur. Ce nouveau rythme a enrichi les musiques du Cameroun. A l’époque, dans les villes, on sollicitait ces groupes ben skin pour jouer du tam tam, uniquement lors des funérailles, pour maintenir les gens en éveil. Aujourd’hui ça s’est généralisé aux festivals, aux manifestations populaires et de réjouissances, aux mariages, aux grandes fêtes de village.

Quels étaient vos liens avec les piliers de la scène camerounaise les Messi Martin Ekambi Brillant, Ben Decca, Anne-Marie Nzié…?
J’ai toujours eu de bons rapports avec ces artistes. J’ai de très bons rapports avec Ekambi Brillant, Annie Anzouer qui étaient à mon concert au Douala Bercy l’année dernière. Anne-Marie Nzié m’appelle « Mon fils ». J’ai eu de très bons rapports avec Francis Bebey, Messi Martin. Mon souci c’était de participer à l’enrichissement des rythmes au Cameroun. Montrer que le ben skin est un rythme attrayant que les africains ou pas, les mélomanes, ceux qui aiment les choses bien faites, bien travaillées peuvent danser. D’ailleurs l’un des bons danseurs de ben skin était un français de Rouen qui s’appelle Denis et dansait le ben skin mieux que certains camerounais!

Parmi vos nombreuses collaborations il y a eu Jacob Desvarieux de Kassav.
Sur l’album « Mother Africa » en 1985 Jacob Desvarieux a joué de la guitare sur le titre « Bamenda ». Il a aussi signé les arrangements de cuivre, notamment sur le titre phare: « Mother Africa ». Il a aussi été ingénieur du son sur un autre album. Enfin en 1981 il a arrangé deux titres sur la compilation « Les fleurs musicales du Cameroun » avec Manu. Une version de « Londie», tiré de « Pousse-Pousse» et un titre très peu connu qui s’intitule « Namibie ». A l’époque la Namibie n’avait pas encore eu son indépendance et l’Afrique du sud était encore sous le régime d’Apartheid de Botha. J’ai chanté pour soutenir l’indépendance des namibiens.

Pour le public André-Marie Tala sera toujours associé à votre chanson de 1972: « Je vais à Yaoundé »
Lors de mes tournées en Afrique, tous pays confondus, on m’a toujours demandé de bisser de tripler « Je vais à Yaoundé ». C’est un texte qu’un prêtre m’avait remis dont j’ai juste corrigé un petit bout. Il en a béni les paroles avant de me le donner. J’ai composé la musique de ce titre qui est devenu mythique à tel point que les Éditions Foucher l’ont inclus dans leurs livres scolaires français, de cinquième en 1985, puis de terminale en 2008. Dans plusieurs établissements scolaires au Cameroun cette chanson est enseignée.Le président Mitterrand m’a cité dans son discours à Yaoundé en juin 1983 en parlant du poète André-Marie Tala qui a raison de chanter la belle capitale Yaoundé.

©Olympiahall.com

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Quels sont vos projets pour encourager la jeunesse camerounaise?
Je donne des conseils à tous les jeunes qui viennent vers moi pour avancer dans ce qu’ils font. Pour encourager les jeunes j’espère d’ouvrir une école de musique, à Douala pour y donner des cours de solfège, de guitare, de piano. C’est un chantier un peu lourd. J’attends des bonnes volontés pour m’aider à avancer et démarrer. J’aimerais aussi ouvrir une école de braille au pays.

Enfin que ressentez-vous en faisant cet Olympia?
C’est une sorte de consécration pour l’artiste que je suis. C’est une salle mythique. Chaque artiste qui a l’opportunité de passer dans cette salle sait que c’est une étape très importante. C’est une grande fête pour moi! Je n’ai pas raccroché! A travers cet Olympia j’espère décrocher des contrats pour davantage tourner dans le monde et exposer ce que je sais faire.