« Cliff Hangin », le bol de fraicheur du saxophoniste Eli Degibri.

Il n’est pas du tout exagéré d’affirmer que dans la scène jazz israélienne actuelle, Eli Degibri, par son tonus, son jeu léché,  apporte de la fraicheur, de la saveur et un nouvel éclat.  Il en est le renouveau. Un nouveau souffle, un air frais, qu’il insuffle au jazz à partir de son sax soprano ou ténor avec le même brio. C’est en tout cas, ce qui ressort de l’écoute de Cliff Hangin, dernier album des sept déjà à son actif, sorti il y a deux ans.

A 39 ans, le natif de Jaffa en Israël, fervent disciple de Hank Mobley (saxophoniste américain né le 7 juillet 1930 à Eastman et mort le 30 mai 1986) n’usurpe pas son rang de l’un des meilleurs saxophonistes israéliens de sa génération. Auprès des rompus à l’expression du jazz tels que Herbie Hancock, Al Foster, la vingtaine à peine atteinte, il a fait office de pilier dans les différentes et respectives formations de ces derniers pour mieux affuter ses armes, solidifier ses ailes pour un envol sur et conquérant.

©Tribune2lartiste.com/Eli Degibri

 

Des 11 compositions toutes signées du saxophoniste, ce qui frappe à l’écoute de Cliff Hangin, c’est l’intelligente et solide prévalence de la relation entre le saxophone et le piano, de l’excellent Gadi Lehavi. La beauté des dialogues entre les deux instruments semble également indiquer la complicité entre les deux instrumentistes et constitue la trame autour de laquelle gravitent les rythmiques de Barak Mori (bass) et Ofri Nehemya (batterie) pour  donner toute sa substance à l’opus.

En attendant le huitième album qui sera consacré a l’un de ses mentors Hank Mobley pour ne plus le citer, découvrez un saxophoniste qui, sur la scène comme sur disque, ne laisse pas orphelin votre plaisir de vous prélasser en l’écoutant. Sans aucun doute, Eli Degibri est un musicien bien inscrit dans son temps par les sonorités qu’il nous offre.

En écoute , un extrait de « What am I doing here »: