Muna : le nouvel album de Stéphane Manga, une fusion bien assumée.

Lorsqu’on a terminé l’écoute des 11 (précisément 10, puisque la onzième piste est un remix) chansons qui constituent le nouvel album Muna de Stéphane Manga; ce ne sera aucunement une surprise, mais plutôt légitime et normal pour le mélomane ou pour l’oreille un peu plus avertie et qui découvre, de se poser la question : mais où voulait-il nous embarquer ? Quelle est la direction ? Jazz, Jazz rock, World, Bosa, etc.?

Quelle est la direction prise par Stéphane Manga dans cet opus aux accents jazz bien prononcés, tranchants et aigus et qui en même temps, capable dans une même piste, de vous promener dans d’autres horizons. Il y a un aspect labyrinthe qui rend excitant cet album dans la mesure où, l’artiste ne fixe pas son auditeur, ne l’assigne pas, ne le contraint pas à…La pointe jazzy n’opérant ici que, comme une balise.

Mais, pour mieux appréhender l’esprit qui entoure cet opus, il faut au préalable, avoir eu une certaine heuristique dans la démarche, être allé dans le passé musical de l’artiste, y extraire les éléments de compréhension et ainsi saisir le présent et surtout la démarche. Ce n’est qu’en possession de ces éléments que la jouissance de Muna atteint le culminant de notre action d’écoute, que nous savourons ce cocktail  musical riche en saveurs.

©Facebook Stéphane Manga

 

Une fois de plus, par ce nouvel opus, Stéphane Manga exprime tout simplement le bâtisseur en lui enfoui. Il décloisonne la musique en rappelant sa fonction première, la transmission des émotions. C’est ce décloisonnement qui s’entend dans l’album. Un décloisonnement qui fait que dans une même piste, le bassiste vous fait passer du rock, au jazz, en passant par la bossanova, le compas… avec beaucoup d’aisance certes, mais toujours avec toute la rigueur, l’exigence que requiert son art.

Muna est un album solaire, riche en contrastes bien menés. Un album qui exprime avec justesse, comme rarement le font d’autres albums, le mot fusion. Du fan de rock à celui du jazz, du salsero à l’épris du soukouss ou du zouk, de la ragga au reggae etc., Muna rassemble et véhicule différentes émotions. Avec un tel produit et des musiciens bien aguerris comme ceux qui officient en l’espèce, les festivals en été, trouvent ici de quoi s’assurer des shows riches en couleurs.

En écoute:” Sept Five”